Les travaux du tram T1 ont commencé dans notre ville en 2018 par des préparations pour déplacer les réseaux souterrains.
Le travail a sans doute été mal fait car il a fallu s’y reprendre trois fois de suite, notamment pour les réseaux d’eau potable après de multiples incidents.
Les opérations lourdes de génie civil ont commencé en 2021 avec l’arrêt de la circulation rue Jean Jaurès puis le blocage de l’accès par les rues perpendiculaires.
La réfection de la station terminus de la gare a été achevée en avril 2025.
Un chantier laissé à l’abandon par le Département et le maire

Depuis 15 mois, les travaux avancent peu faute de moyens suffisants affectés au chantier et à l’absence de pilotage par le Département de la Seine Saint-Denis, maître d’ouvrage.
Lors de la dernière réunion publique en juillet 2025 dédiée à la présentation de l’avancement des travaux, la responsable du dossier a reconnu que les entreprises ne venaient pas aux réunions de chantier.
Étrangement, le Département n’en tire aucune conséquence alors qu’il finance les travaux et que les entreprises sont liées par des contrats comportant des délais et des pénalités.
Mais visiblement tout le monde s’en moque !
Depuis 6 ans, le maire se désintéresse totalement du sujet. Son adjointe de 2020 à 2026, Mme Labbé, qui est également vice-présidente du Département, ne s’occupe pas du dossier alors qu’elle fait partie de la majorité politique du Conseil départemental. En dépit de multiples interpellations en conseil municipal, le maire se borne à botter en touche considérant qu’il n’est pas responsable.
L’incurie totale dans le suivi de ce chantier exceptionnel par son ampleur et son coût, est un véritable scandale.
Le coût total du projet est de 395 millions d’euros et prévoit la réalisation de 7,7 km de voies ferrées nouvelles.
L’explosion des délais

Lors de la présentation du chantier en 2021, la mise en service était annoncée pour fin 2025.
Ce délai apparaissait normal car c’est celui habituellement constaté dans tous les chantiers de tram similaires, notamment à Paris.
Mais, sans explication, les délais s’allongent d’année en année avec une mise en service espérée en 2029. Mais, le Département ne prévoit aucun renforcement des moyens afin d’accélérer les travaux à Noisy qui est la seule ville du tracé à subir un chantier bloquant la totalité de son centre-ville. Que fait le maire ? Rien.
La colère des Noiséens s’exprime régulièrement sur l’état d’abandon de notre ville et notamment dans le score du maire sortant au premier tour des élections municipales le 15 mars 2026.
La liste Sarrabeyrouse (PCF/LFI/EELV) obtient 33,75 % des suffrages exprimés ce qui est le plus mauvais résultat des neuf maires sortants sur le territoire d’Est-Ensemble.
Il arrivera cependant en tête d’une quadrangulaire au second tour le 22 mars avec 46,75% des suffrages. Il sera ainsi le premier maire de Noisy-le-Sec élu sans majorité absolue ce qui témoigne d’un niveau de défiance rarement atteint.
Une pétition pour masquer l’impuissance et l’incurie
Devant l’exaspération des Noiséens qu’il a fini par percevoir au bout de six ans, le maire vient de lancer une pétition destinée au Département de Seine Saint-Denis. Il pourra demander à son élue, vice-présidente du Conseil départemental de la porter au président.
Mais que faut-il attendre de cette pétition symbole de l’impuissance du maire face à un chantier hors de tout contrôle ?
Rien de sérieux. Souvenons-nous de la pétition contre les dealers de cigarettes de contrebande. Aujourd’hui, ils sont installés en permanence dans tout le centre-ville sans être inquiétés. Là encore, ce sera un coup d’épée dans l’eau.
A notre avis, il faudrait commencer par publier les contrats des entreprises avec le Département. Il s’agit de marchés publics comportant des clauses techniques détaillées avec des précisions sur les moyens mis en œuvre, les délais à respecter et les pénalités de retard.
Oui, les Noiséens méritent le respect et la transparence
Les citoyens méritent la transparence surtout quand il s’agit de près de 400 millions de fonds publics.
Une commission municipale pluraliste doit être mise en place et élargie aux représentants des conseils de quartier concernés par le chantier (centre-ville et haut-goulet). Elle auditionnera les responsables du Département et des entreprises afin de connaître les raisons du retard catastrophique. Elle analysera les contrats et demandera les informations sur les moyens mis en œuvre pour les exécuter et les contrôler.
Cette demande a été faite plusieurs fois dans le précédent mandat municipal mais le maire la refusait pour dissimuler son inaction.
Cette commission doit publier ses travaux et exiger le respect des contrats par le Département et les entreprises.
L’indemnisation des riverains et des commerçants par le Département doit être pilotée par les services de la ville sous le contrôle de la commission. En effet, nos commerçants sont épuisés financièrement par le blocage incessant de la rue Jean-Jaurès et doivent être soutenus pour survivre.
Un plan d’action urgent doit être mis en place et le Département de la Seine Saint-Denis doit être mis face à ses responsabilités. N’oublions pas que les élections du conseil départemental auront lieu en mars 2028. L’heure de rendre des comptes approche !
Les Noiséens méritent la vérité et un chantier conduit en respectant leurs conditions de vie.
Un maire réellement investi pour sa ville devrait s’en rendre compte et passer à l’action.
Jean-Paul Lefebvre
Maire-adjoint honoraire