Petite leçon de mémoire municipale, à l’usage de ceux qui croient inaugurer ce qu’ils ne font que recycler

Le 28 mai 2026, à 21 h 46, le maire de Noisy-le-Sec se tenait au stade Huvier, le verbe haut et le superlatif facile. « La première fête foraine de l’histoire de Noisy », annonçait-il, conviant petits et grands à venir nombreux à cet « événement exceptionnel ». L’événement, lui, se tient depuis le samedi 30 mai et durera jusqu’au mercredi 17 juin, du côté du boulevard Roger-Salengro : manèges, jeux et stands, dans une ambiance que la municipalité veut joyeuse. On y accède les mercredis, samedis et dimanches de 14 h à 19 h 30, ainsi que les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 16 h à 19 h 30.

Voilà pour le décor. Reste le détail qui chagrine : l’Histoire, avec sa fâcheuse manie de précéder les annonces.

Première du nom, vraiment ?

Car les Noiséens d’un certain âge — et même ceux d’un âge plus tendre — se souviennent fort bien que des fêtes foraines se sont déjà tenues sur la commune, et notamment à la Sablière, du côté du Petit Noisy. La « première de l’histoire » n’est donc, au mieux, qu’une réédition que l’on présente sous emballage neuf.

De deux choses l’une. Ou bien le premier magistrat ignore l’histoire de la ville qu’il administre — et l’on s’étonnera qu’un édile méconnaisse à ce point la mémoire des lieux qui lui sont confiés. Ou bien il la connaît parfaitement, et fait le pari que ses administrés, eux, l’auront oubliée — auquel cas l’inauguration n’est plus qu’un habile recyclage présenté en grande pompe. Dans les deux hypothèses, l’exercice laisse songeur.

Cinq euros la promesse

Le superlatif, hélas, ne suffit pas à faire tourner les manèges. À cinq euros l’attraction, l’enthousiasme municipal se heurte au porte-monnaie des familles. Et plus d’un Noiséen s’est fait cette réflexion de bon sens : à ce tarif, autant pousser jusqu’à une véritable fête foraine, voire jusqu’à un parc d’attractions digne de ce nom, plutôt que de payer le prix fort pour une nouveauté qui n’en est pas une.

Les habitants de Noisy-le-Sec ne sont pas dupes. Ils savent reconnaître une fête sincère d’une opération de communication. Et une fois encore, dans l’écart entre l’annonce et la réalité, le maire ne se montre pas tout à fait à la hauteur de ses propres trompettes.